Suite pour groupe de blues et diseur de vérité op. 1
« Questions »
Première pièce du cycle Ich bin nicht da / Ich bin da – der Sportplatz
[Je ne suis pas là / Je suis là – le terrain de sport]
 – texte intégral –

Extraits sur youtube avec sous-titres français, anglais et russes
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PeterPost Fragen op. 1

Commencement
[0:00]

1. Exposition – la lettre
3:34
Ai-je le droit de réflechir au fait que j’aille mieux ? Ai-je le droit de viser à un changement pour un mieux ? (Complètement hors d’atteinte !)

Si oui (complètement hors d’atteinte !): Pourquoi ne le fais-je pas ? (Je n’ai pas du tout le droit de penser tout ça!)

Ce stress que je ressens tout le temps, qui me pousse dans l’agitation et qui est peut-être responsable aussi de mon estomac problématique – ce stress, ai-je le droit de m’en débarrasser ? [Ai-je le droit d’être motivé pour m’en débarrasser ?] (D’où prends-tu le droit d’être si présomptueux ?!…)

Si je pense que mon estomac a peut-être une tumeur et que cette tumeur (… et si arrogant ?!) peut signifier ma mort proche, ai-je alors, dans cette perspective, le droit de poser la question si je ne devrais pas me sortir de ce comportement agité ?

(Comment peux-tu oser ?!)

M’en sortir voudrait dire changer mon comportement (quelle effronterie !) : Je ne serais plus si agité et ne déroberais plus tout ce que j’entreprends pour moi-même. Ai-je le droit de prendre en considération ce comportement ?
Dois-je vraiment tout accepter ? Dois-je me retrouver sur l’étal du boucher ?

Si oui: Pourquoi? Comment ça au juste ?

C’est comme si je n’avais pas le droit de me poser ces questions. Plus tard peut-être… Mais c’est comme si c’était trop tôt pour me poser ces questions. Quand dois-je enfin poser ces questions ?

Suis-je vraimant arrivé à ce point où j’ai le droit, où je devrais, où je dois me poser ces questions ? Qu’est-ce qui m’empèche ? Pourqoui n’aurais-je pas le droit de me les poser ?

Est-il mieux d’avoir mal à l’estomac et peut-être de mourir bientôt d’un cancer à l’estomac ? (Qu’est que tu es prétentieux et arrogant ! Pourquoi te poses-tu ces questions ?!) Si non : Est-ce que cela vaut le coup pour moi de trouver cela bien ?

Dois-je subir et supporter ce sort ?

2. Considération I
1:31 [3:34]
Je m’interdis tout. Il y a quelquechose qui m’en empêche, qui me retient. Ça, c’est vraiment terrible ! Et j’ai toujours considéré tout ça comme normal ! Non, ce n’est pas que je l’ai considéré comme normal, c’est que je n’ai jamais laissé planer aucun doute là-dessus et que je ne me suis jamais demandé pourquoi c’était toujours interdit pour moi de simplement remettre ça en question : Pourquoi, premièrement, je m’impose ce stress, deuxièmement, si je… – je n’ai même pas le droit de penser tout ça ! Je n’ai pas le droit d’en parler ! Je suis déjà heureux de m’autoriser enfin à en parler. Je dois… – tu n’as aucune idée de mon état ! Je dois le dire ainsi : c’est très dur à imaginer. Il y a aussi cette petite voix qui le dit elle-même: c’est complètement absurd. Mais c’est la réalité, c’est comme ça ! Ce serait complètement… C’est… Ah ! Je ne peux pas passer à coté ! Je dois l’accepter et je veux aussi l’accepter. Je dois tout d’abord me permettre de simplement prendre en considération qu’éventuellement je ne suis pas
d’accord !

3. Corroboration I
0:52 [5:05]
Mais c’est ainsi que je dois me poser les questions ! Je sais que… que j’en suis là ! Je le sais ! Je le sais ! Je le sais !! Je me vois « vivre » ainsi tous les jours – je le vois bien ! Je le sais bien ! Et je dois me demander: Veux-tu vivre comme ça ?!

C’est pourtant logique, c’est pourtant prouvé que je dois me poser la question comme ça ! Je dois maintenant me mettre sur la bonne voie.

4. Approche I
0:33 [5:57]
En fait, jusqu’ici je ne me la pose même pas (Est-ce que je veux vivre ?…) – Vous-vous rendez compte ?! (… Ou bien est-ce que je ne veux pas vivre ?) – Je ne me la suis même pas posée jusqu’ici ! Je dois me forcer à me poser ces questions ! C’est encore pire, tu comprends ? C’est déjà assez triste, mais en plus je n’ai même pas le droit de poser ces questions ! Je dois me forcer ! Je dois, je dois… Car, si je ne le faisais pas, tout serait … Ce serait… Mon sort serait scellé.

5. Désolation I
1:08 [6:30]
(Pleurs) Que je sois obligé de me poser une question pareille!… Oui, mais c’est malheureusement comme ça. Et maintenant je me force, et maintenant je me pose des questions aussi simples… – (pleurs) – Ah… C’est déjà assez terrible de n’avoir pas le droit de poser la question! Cela rends la chose encore pire ! (Est-ce que je veux vraiment vivre ? Ou est-ce que je veux subir et supporter cette pseudo-vie ?)

6. Approche II
0:31 [7:38]
Je sais que j’ai le choix – je le sais ! Je dois juste me confronter à ce choix, je dois me decider ! Je peux continuer comme ça, oui ! (et renoncer à tout en faisant comme ça) – (pleurs) … – (Je dois renoncer à tout…) … (tout ce qui me constitue)

7. Considération II
0:38 [8:09]
Oui, pourquoi au juste ? (Dois-je me sacrifier ?) Pourquoi dois-je accepter tout cela ? (Pour qui ?)

8. Corroboration II
0:46 [8:47]
Je vis tout cela ! Je connais l’ennui, je connais ce desert – je vis tout cela ! Et chaque fois que j’y suis, re-voilà cet agitation et cette nervosité et toute cette merde ! Car mon seul droit est de dérober quelque chose pour moi !

9. Approche III
1:28 [9:33]
Putain de merde ! C’est de la merde ! Ça devrait être normal, ça ! Ça devrait être bien ! Quelle connerie ! C’est de la merde ! Il faut s’imaginer un peu: T’es en chemin pour mourir vivant, et rien, objectivement rien n’est là qui justifierait ça ! Il n’y a rien, tout est bien ! Autour de moi, tout est calme, détendu – et pourtant, tu es sur le chemin vers la mort.

Alors je dois écouter cette autre voix en moi qui, apparemment, dispose quelque part d’un reste de raison et qui me dit : Non, tu ne vis pas pour avoir du stress ; tu vis pour connaître de belles choses. C’est ça, ton but, c’est ça que tu devrais viser, c’est pour ça qu’il te faut prendre du temps ! Et c’est ça qu’il faut atteindre et pas l’autre !

(Quelle prétention et quelle arrogance !) Et je suis si peu sûr de moi (Pourqoui te poses-tu de telles questions ?!) … Je suis si peu sûr de moi ! Volà c’est ça ! Exactement, c’est ça : Je sais quelque part ce qui se passe, mais finalement je ne suis pas encore sûr que c’est ça. (Je n’ai pas le droit de me poser tous ces questions !) Je me sens si peu sûr de moi – bien que ce soit aussi idiot car: je sens cette pression dans l’estomac, par exemple, je la sens ! En fait, je sens tout ça ! Alors je devrais être sûr de vouloir m’en débarrasser ! (Cette voix est toujours là !…) … Mais non, arrive une autre voix qui me dit : Non ! (… qui me dit: Non !) … Tu sais ce que tu veux ? Tu n’es que… Tu comprends ? Ou bien… (Tu n’as pas le droit de te poser des questions comme ça !!) … Hier encore, je me sentais si peu sûr de moi quand je parlais de tout ça, je me sentais si peu sûr de moi quand je disais que…

10. Désolation II
1:36 [11:01]
(Pleurs) C’était le moment où je disais… Je le sens revenir… Je deviens triste… Je ne sais pas encore ce que c’est mais je deviens triste tout de suite… Oh, je me sens si peu sûr de moi Mais c’est pas possible ! Il est pourtant authentique, mon sentiment ! Ce que je dis est peut-être faux mais mon sentiment est pourtant vrai ! Je dois me dérober ce petit peu ! – (pleurs) C’est déjà suffisamment triste, non ? C’est déjà assez triste de devoir tout me dérober… – C’est tellement grave que… qu’apparemment je n’existe pas, ou, au cas où j’existe, je ne veux absolument pas que ça aille bien pour moi… C’est terrible quand tu ne sais pas au nom de qui tu fais ou tu devrais faire ou tu veux faire ou tu dois faire quelque chose… Ah…

11. Méditation
3:19 [12:35]
Mais n’est-ce pas terrible, dis-moi ! – Que je doive me forcer à m’écouter moi-même ? C’est terrible ! Je n’ai même pas le droit de trouver ça terrible ! Je n’ai même pas le droit, moi, de trouver ça terrible ! Je dois trouver tout ça normal… Oui, je dois toujours trouver ça normal ! Je ne connais rien d’autre, j’ai toujours vécu comme ça et je vis toujours comme ça et… – ah… Je peux déjà être reconnaissant et heureux d’avoir seulement mis ça par écrit et de pouvoir au moins l’exprimer ! Avec toute cette agitation que je m’impose, je n’ai jamais accès à moi-même !… Ah… Et quand je me le formule comme ça – c’est là que j’entre enfin en jeu. Et c’est ça qui me rend triste à nouveau car je suis là tout d’un coup [et pas absent]. Et quelque chose… Mais je suis profondément triste ! Mais au moins je suis là.

Il me faut du temps et du calme et… Je dois me prendre le temps et me permettre en quelque sorte de réfléchir tranquillement. Je ne peux pas toujours me le dérober ! Il faut que je prenne du repos et du temps pour moi. Pour moi-même ! Peter ! Non, maintenant tu te prends le temps ! Et du calme ! Et personne ne te force, personne n’a le droit de te forcer ! Toi, tu te prends maintenant ton temps et ton calme.

Je dois encore et encore me prendre mon calme et mon temps ! Je dois Ah…

Fin
[15:16]

(L’heure de vérité le 6 janvier 2011)

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